Pipi-Foutre



J'ai pas le temps de faire des post de blugs parce que j'ai toujours mille choses à faire le temps d'un bon rétablissement sur plusieurs niveaux et que cette semaine, par exemple, j'étais très occupée par mes découvertes sur les fonds marins. Par exemple j'ai vu de drôles de bestioles toute la semaine dans ma baignoire, comme des espadons, des poissons m-auteurs, des poissons mange-fesses, des poissons mange-fraise, des concombres de mer et autres cochons de mer. (et j'ai des témoins, je n'étais pas seule dans cette baignoire). Et c'était d'ailleurs agréable de partager ces découvertes là plutôt que de toujours entrer en conflit au moindre énervement, alors que cette semaine, non. Y avait pas de conflit possible. Et j'ai remarqué de mon côté que je cherchais plus à rentrer en conflit domestique avec des gens avec qui j'avais pris l'habitude de le faire, et que c'est bien une preuve que je les respecte un peu mieux et que je les aime un peu plus et que peut-être je commence à aller un peu mieux, moi aussi. Pipi-Foutre, parce que le premier pipi après une pêche aux animaux marins chelous me fait souvent l'effet d'un rappel, d'avoir été remplie de joie quelques heures avant et qu'il n'a (ce pipi) rien de dégueulasse tant il est lié à l'intensité qu'il emporte avec lui (dans les putains de toilettes qui sont toujours bouchées depuis un mois en dépit de 12 bidons de destop, une boîte de cristaux de soude et 1 tuto youtube de P.Tankule qui t'explique comment les déboucher à l'aide d'un balai espagnol et de sacs poubelles... sauf qu'on a pas jeté de programmes politiques dedans, donc on comprend toujours pas pourquoi).

Le jeudi soir je suis allée avec Morrigan à la soirée de lancement de la ligne de maquillage-pour-toujours en association avec Louna Inferna, célèbre tatoueuse internationale qui prend 200€ de caution pour un petit lettrage de rien de tout sur le dessus de pied de ma Morrigan, qui les a avancé alors que la Dame n'a pas l'air spécialement gentille, et a maintenant bien du regret. Du coup on s'est dit qu'on allait faire des vides-grenier tout le mois de mai pour rembourser tout ça et d'autres trucs et pouvoir recommencer à acheter des grosses merdes avec nos tunes pour compenser nos carences sociales et affectives et on a bu des caipirinha sans alcool (on a d'abord cru que les barmen versaient de la vraie cachaça dedans, jusqu'à ce qu'on découvre au 12ème verre qu'on aurait pu être dix fois plus bourrées en mangeant des pommes pourries). Une mannequin black se faisait dessiner des modèles de tatouage sur le ventre et le dos sans bouger de 19 à 22h00 avec des plumes sur la tête et des escarpins rouges vernis pendant que tout le monde la reluquait et qu'elle avait surtout l'air d'en avoir marre et d'être fatiguée de se taper 12 discussions en même temps au milieu des gens tandis qu'on baffrait des très bons chaussons aux épinards et au fromage pour éponger tous ces glaçons. A l'entrée de la boutique, une d-jette passait des tubes de la radio du début des années 2000, de mémoire si j'ai bien compté, au moins deux filles ont dansé pendant dix minutes, trois fois sur la même chanson. Des tas de gens qui sentaient le parfum dont je te parie qu'ils ont pas vraiment pris de douche avant de venir se parlaient comme s'ils étaient des personnalités très importantes, habillés avec des vêtements bizarres comme un bomber blanc avec des motifs de dragons imprimés (je crois que la ligne de vêtements Tex de Carrefour faisait les mêmes vers 1992), une très grosse demoiselle avec des escarpins André rose fluo, une étrange femme Pastel, la vendeuse à l'entrée qui avait la bouche rouge vernie comme une grosse pomme d'amour dont les méchantes collègues lui promettaient qu'elles viendraient la remplacer à l'accueil (alors que finalement, non) et des bloggueuses mode que si Morrigan ne m'avait pas dit qu'elles étaient ça, dans la vie, j'aurais jamais deviné qu'elles étaient à la pointe de la mode tellement elles ressemblaient à des filles ordinaires qui viennent d'acheter un pull gris chez Zara (même si on pouvait aussi les reconnaître à ce qu'elles avaient toutes les cheveux brillants, mais peut-être que L'auréal leur avait récemment toutes donné le même shampoing... parce que c'est ça aussi bloggueuse mode : être une pouffe de commerciale à peu de frais qui se prend pour un mannequin qui fait du 38 du haut et du 40 du bas à qui les marques filent des produits cosmétiques de supermarché pour qu'elles en fassent la pub sur leur blog pour que les lectrices continuent d'acheter n'importe quoi le dimanche à Simply entre leur pot de nutella et la viande avariée du rayon frais)... Bref. Maquillage-pour-toujours c'est donner du rêve... Sauf qu'en fait c'est des gros radins. Finalement on a bu deux coupes de champagne très bon marché, les discussions volaient très bas, on a vu deux rappeurs égarés (ou qui habitaient dans le coin) (et finalement c'était les seuls qui avaient l'air de personnes ouvertes, éduquées, simples et agréables au toucher, plutôt que les vendeuses et autres gens de la mise en rayon du coin qui faisaient comme s'ils étaient plus connus que le Président de l'Islande parce qu'ils ont eu leur invit' sur Bonplantarace.com), on a eu des réducs sur le make-up (parce que moi au départ, j'ai pas honte d'être personne et de venir en doc martens marron caca juste parce que j'ai plus de fond de teint et pas trop envie de sortir des ronds pour en racheter parce que je travaille déjà beaucoup trop pour la banque à qui je préfère donner mes sous, comme tout le monde sait, en ce moment). (surtout pour du make up testé sur les animaux).

Il n'y avait pas Canal+, alors ma Morrigan qui a montré ses seins à toute la France après un concert de Métal au Petit Journal de Yann Barthes il y a de ça une quinzaine de jours, voulait aller à la Favela Chic pour l'after parce que c'est en sortant de là qu'on aurait peut-être eu des rouges à lèvres et des pinceaux de destockage gratuits comme la dernière fois qu'elle y est allée, jusqu'à ce qu'on découvre que le thème de la soirée c'était Africa Night et que ça allait être retransmis sur Banana Record. Mais vu que l'ambiance était pourrie dès le départ et qu'on était même pas 10 à la fin dans la boutique maquillage-pour-toujours, on s'est dit qu'on allait éviter de se retransmettre les parties sur Banana Rec pour cette fois et rentrer se tartiner la gueule chez nous avec nos produits de maquillage qui dessèche la peau pour-toujours en cuvant notre baril de glace pilée au citron vert.

Bon et sinon comme tous les 5 ans, je vote pas mais mon sac à dos est prêt.

 

Les rides du front





C'est un livre que j'ai beaucoup aimé et que ma reum' a cédé à m'acheter quand j'avais douze ans dans le magasin Flammarion du troisième niveau du centre commercial, en allant à Carrefour. Quand j'avais 12 ans, alors là oui, je lisais des livres intelligents, que je comprenais pas, mais je sentais que ça m'élevait, parce que j'étais ado et que quand on est ado on ressent tout en mille, voire en 10 mille fois plus.

J'ai mis "les rides du front" comme titre plutôt que "la ride du lion", mais tout le monde aura compris que c'était une référence au sketch de Florence Foresti (car je cite toujours de grands philosophes des temps modernes tellement je suis une meuf référencée), mais j'ai pas la ride du lion parce que j'ai pas d'enfants à crier dessus (pour ceux qui ont vu le sketch) mais en revanche j'ai bien des rides du front et comme ça fait un peu trente deux ans que j'ai rien branlé d'intéressant dans ma vie, forcément c'est un peu énervant d'en arriver là tous les matins en levant les sourcils devant le miroir de la salle de bain. (Bon et aussi parce que comme je suis pas payée pour blugguer, je m'amuse pas à trouver des titres savants, c'est toujours ce qui me traverse l'esprit quand s'affiche la barre du titre et que je me dis que bon, je vais blugguer un coup et ça ira mieux après... sans certitude).


Comme j'ai pas blugué ces derniers temps parce que je bluggais sur papier des trucs de oufs en histoires à ellipses et tout et tout avec des vraies corrections d'orthographe, de grammaire et de syntaxe, tu te dis (si tu suis encore), que le blug est un bipolaire e deum' dont t'as pas b'soin dans la vie qui ferait mieux de se foutre en camisole chimique et qu'on s'emmerde un p'tit peu et je te comprends. (Non mais c'est vrai, j'ai vu personne mourir sur un pare-brise récemment, j'ai pas rencontré des gens connus de ouf - bon en fait, si, mais c'est pas intéressant non plus - j'ai arrêté de bugguer sur les petites miettes des figolus qui restent toujours accrochées dessus alors que c'est toujours aussi bon les figolus : bref : on s'ennuie, la crise a atteint le blug, je peux même pas aller poser mon bulletin de vote sur la plaque de georges marchais au cimetière du Père Lachiasse tellement je suis agoraphobe les jours de votes. Voilà, Joy est décédée, c'est comme dans les séries à succès, à partir du moment où Marie Ingalls devient aveugle, on s'ennuie, quand Dr House passe une saison en désintox, tout bascule dans la chiantitude, une fois que joy n'a plus qu'à te raconter les bienfaits du Quinoa, on va tous crever, je pige bien.

Normalement c'est à peu près là que je devrais rebondir sur un truc sympa (mais en fait non, tu peux retourner à fesses-buk tudsuite, je m'dégrade j'te dis). Bon en fait si... (haha gotcha : en vrai : cliques ailleurs). Je m'en suis pris plein les rouleaux. (non mé oui mé kom d'hab... 'tation, j'écris en texto, ça craint, t'as encore l'temps de déguerpir et d'aller passer la serpillère ailleurs). Comme tout l'monde a bien remarqué, j'ai mouru, j'ai morte, j'ai Delta Charly-Delta-décédée, j'ai souhaité longue vie aux enfants avortés, j'ai pourri, ai été mangée par les vers de terre le corps cireux et dur et glacé, les muscles et les tendons sur "off", tout bloqués, cadavériquement (F)RIGIDE, les mouches bourdonnaient dans les orbites de mes yeux à force de cramer morte au soleil tandis que la peau fond littéralement sur les muscles, les vautours me becquetaient les tripes en arrachant des fibres gélatineuses et gluantes de mes intestins ensanglantés hors de mon ventre et tandis que les figurants de The Walking Dead croquaient dans mes bras comme dans un Big Mac en faisant "grrougrrrou" pendant que je hurlais aux autres fuyards vivants de ne pas me laisser dans cet état à coups de "help me", "help me", il s'est passé des trucs, un peu, quand même. (ah putain, que j'ai la gestation lente, quand est-ce qu'elle va y venir avec toutes ses histoires dégueus). (non mais je suis en dépression aussi, j'ai les images de mort faciles et les dents qui se déquenillent des gencives avec...-avec le haut de la gencive noire-bref c'est moche)

La vérité vraie c'est que je me suis absentée de moi-même (voilà : on se re-ennuie, j'avais prévenue) si longtemps que je me suis fermée au monde, comme quand j'avais 5 ans et que mon bonheur suffisait à être fermée au monde, dans la bulle de moi toute puissante, Perfection parmi rien qui m'arrive à la plante des pieds nus sur le gravier du haut de mon je chausse du 30, en ayant rin'àfoutre des autres, en me comportant comme une Sa Trouduculitude Vénérée (ce qui est de toute grâce et de promesses à 5 ans, mais passe moins bien en société à trente douze, je suis encore sous le choc thermique que je viens juste de m'en apercevoir) et par là même que je fais exprès de voir personne mais j'ai que pas d'bol que des gens me voient quand même, je m'en suis prise plein les rouleaux et j'ai aimé ça.

J'étais tout bonnement (thèse-antithèse-prothèse, mon rituel de post habituel) en train de me dire que si un mirage de plat à huitres recouvert d'une montagne de coke se pointait par hasard sous mon nez, je me laisserais bien tomber le crâne dedans pour m'en fourrer les narines, qu'on m'a dit comme ça (dans mon plat d'huitres de drogue de la meilleure qualité qui existe plus que dans mes rêves de flashback dans les années 90), sans m'prévenir : "Mais oui mais je t'aime, you bloody bitch that actually deserve to die". Ah. Du coup c'est retombé comme des catons de farine de coke collés à ma morve au nez dans le plat d'huitres si bien que j'ai plus su où me foutre alors j'ai répondu de la merde. Tout simplement. Parce que c'est tout ce que j'ai à échanger en ce moment, quoiqu'on me propose, vu que j'ai oublié la dernière fois que j'ai été sympa. Et j'ai même pas eu honte. Ah non. Pourquoi faire?

Sauf que dans l'même temps je me suis fait crier d'ssus par quelqu'un qui venait de nulle part et qui m'connaissait pas qui m'a dit "T'as un nez d'bourge, des grands pieds, pis s'tu veux être bonne un jour : va falloir manger" (en preum's j'ai pensé que je cherchais à plaire à personne, sinon je serais retournée chez le coiffeur depuis longtemps). Bien entendu, j'en ai eu rien à foutre. (j'ai des rituels périodiques, comme chacun sait et mon rinàfoutrisme est une constante froide, dilettante et imperturbable de tout ce que tu peux m'dire ce que tu veux si j'm'en fous, t'es mort à mes yeux et c'est donc pour toi que c'est fatiguant). C'était génial car j'ai rarement croisé des personnes franches et honnêtes qui t'insultent ouvertement au premier coup d'œil sans te connaître et qui se foutent de ta vie plutôt que des salauds trop bien éduqués qui te sourient en pensant de la merde en attendant de faire ta connaissance et de peut-être concilier une entente cordiale. Et deux jours plus tard je me suis faite saucée par quelqu'un dont je prétends que je m'en fous parce que ça m'arrange or que je m'en fous pas mais que ça m'arrangerait quand même (pour rester sur mes 5 ans) qu'il s'en contre carre le cul. Beeerf : j'ai eu un choc thermique. Et j'ai encore froid. (mais j'ose croire - pour pas dire si je me permets pas tout -) que peut-être j'ai pigé un truc positif sur le monde verreux qu'est pas une fatalité en soi)... bon sans garantie, on est pas chez Darty.

 

Cours Keunnasse, ton patron t'attend !

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Chère bande de chameaux,

Bon alors voilà, ça y est, cette fois on peut dire que ça va mieux. J'ignore moyennement pourquoi, c'est arrivé un matin. Disons que j'ai pu discuter avec mon patron sur ma condition humaine et qu'a priori des choses comme mon salaire devraient s'améliorer d'ici un mois, au renouvellement de mon contrat... s'il ne tient pas ses promesses comme un politicien... Parce que sinon, je vais encore devoir changer de boulot et par avance et bien que je reçoive encore en moyenne une proposition pseudo-alléchante par semaine, ça m'agace. ça et puis d'avoir terminé mon projet perso que je portais sur le ventre depuis sept mois. J'ai terminé ma petite bombe artisanale sur le travail, le patronat et l'monde dans l'quel on vit, corrections comprises il y en environ une semaine de ça. ça a été aussi chiant que gerbant à faire, mais pour ainsi dire, je me suis délestée de plusieurs boulets qui me cassaient les reins depuis quelques lustres, et sans compter que ça se finisse en publication, ça a déjà commencé à s'éloigner de mes pensées avec toute la pollution que ça suggère et c'est heureux pour partir sur des choses plus neuves et légères comme les répètes qui ont repris avec les Voltaire-Connard, qui me font un bien fou quand on arrive à se les caler. J'ai envoyé mon machin de 145 pages à des copines, pas la version 2.0 encore, parce que j'ai à peine terminé de la corriger et je crois pas qu'elles aient eues le temps de finir de lire la 1ère version et je m'en inquiète très peu. D'ici la semaine prochaine, je vais commencer à envoyer du manuscrit et bien que j'ai pas d'attrait particulier pour le monde des écrits-vains (que je trouve quand même moins pire que celui des artistes plastoc' contents pour rien), je vais faire ces tentatives de publication quand même, jusqu'à ce que je m'en lasse toute seule, ce qui devrait arriver assez vite aussi. J'ai déposé ma gerbe de maux sur Open Office, et me voilà victorieuse, au moins sur moi-même, d'avoir dépassé une marée de noire de conneries comme un déluge cérébral qui m'enquiquinait sévèrement.

J'imagine que ça va mieux, parce que j'ai un peu le moral à bloc et que j'ai un peu cessé de me triturer le moignon du néocortex qu'il me reste et que pas mal de belles personnes ces derniers temps m'ont tiré de mes pénates pour m'emmener faire et voir des trucs sympas, sans que je demande rien. C'était chouette pour moi qui n'ai pas foutu un pied dehors depuis six mois, qui n'envoie que très peu de signes de vie à moins d'y être contrainte, et j'ai du être bon public parce que seule, je n'aurais pas pris l'initiative de proposer quoi que ce soit à qui que ce soit. je suis aussi en train de monter une asso avec des potes, et de me tartiner toute la paperasse, du coup me voilà speedée de toute part. J'ai laissé moisir les papiers et les obligations de rendu de comptes depuis deux mois et ce week end devra me permettre de mettre à jour tout ça en plus du reste.... tandis que ma chambre ressemble à un bordel moldave... Morrigan m'a emmené faire un cours de dessin à côté de la maison, comme le seul truc qui m'a manqué en dessin depuis douze ans que j'en ai pas pris un seul, c'est le modèle vivant, je l'ai suivie et ça donne l'illustr' de ce post, dont je suis pas peu fière en 5 minutes au 2B, 12 ans plus tard après ma journée de boulot. J'ai même cru que j'avais déjà vu la modèle il y a treize années, quand je prenais des cours du soir, mais je n'en suis pas certaine. Les autres touristes, des réguliers, étaient salement snob, et comme j'en ai bien vu deux trois dégoûtés de me voir m'en démerder si bien dès le premier jour, je me suis promise d'y retourner pour les emmerder encore plus et leur mettre une race à coup de crayon 2B, d'aquarelle, d'encre de chine et ce qui me passera sous la main au prochain cours jusqu'à ce qu'ils capitulent et que ça les rendent courtois. Voilà deux weeks ends où je dors 12 heures par nuit car mes semaines sont crevantes, heureusement les personnes que je vois à l'extérieur sont plutôt encourageantes et je m'en tire plutôt de bien de revenir à une sociabilité sans heurts après tout ce temps à me morfondre sur mon bloc de glace comme Didier Wampas et me prendre la quiche avec des personnes et des choses qui n'en valent pas beaucoup la peine. Comme ma famille avec qui je coupe une nouvelle fois les ponts, quelques temps, celui de pouvoir affronter des discussions pénibles sans que ça me donne des hauts le cœur. Je délaisse Papa à son cancer, maman a ses histoires d'héritage qu'elle arrive pas à récupérer, et ma sœur à ses histoires tristes de femme qui a tout sauf la capacité de s'en réjouir. Et parmi certains harcèlements administratifs malencontreux, je me suis décidée à acheter un petit bouclier et un lance-flammes au Simply Market dimanche dernier, pour tenir tout ce monde à distance et revenir au bon moment pour leur donner des cacahuètes en évitant soigneusement de leur adresser la parole d'ici là.

Alors voilà, rien que cet après midi, je bosse sur mon projet tant que je peux et je fais mes paperasses : j'ai douze lettres à écrire à autant de relous, une présentation de mon projet et de moi à faire, deux ou trois pages à terminer de mon pamphlet sur le travail et la société qui pue du cul, une copine à voir, le bordel moldave à ranger et d'autres gnagnateries gouleyantes de cet ordre. Tout le monde est débordé de taf au taf, alors je passe les aprèmes à trouver de quoi m'y occuper en faisant des tableaux .xcel en matant facebook en écoutant Putéslip à fond la caisse dans l'i-daube pour que ça passe plus vite. Et voilà que dans deux semaines, si tout se passe bien je vais pouvoir recommencer à déconner avec les doigts de pieds en éventails... J'ose l'espérer (bien consciente que c'est possiblement une connerie). Sur ce, je vous dirais bien de venir avec moi chez Barbapapa-on-fait-les-fouuuuuuuuuuuuus, mais bon, t'as bien percutt' que j'ai pas que ça à fiche pour le moment, néanmoins tu peux me filer un coup de bigo pour m'emmener où tu veux toi, y a moy' que je réponds et que je viens vu qu'en ce moment on fait que de me dire "hé-jauille-tu viens?" et je viens à tous les coups.

 

Pas Noël

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J'avais dit que je prendrais un peu de temps pour donner des nouvelles avant Noël. On est le 24. Demain c'est Noël pour les gens qui le fêtent dont je ne ferai résolument pas partie, je pense. D'une part parce que j'ai déjà fait Noël avec une très jeune personne il y a quelques semaines, et comme c'était agréable cette ambiance de fête, faire le sapin, installer la crèche et les loupiottes qui courrent le long du plafond. D'autre part parce que fêter Noël pas en famille, après une année aussi merdique à absolument tous les niveaux... Un travail où tu te fais insulter, ensuite un travail où tu te fais virer parce que tu as trop et trop bien bossé, ensuite pas de travail, mais pas d'allocs non plus. Se faire virer de son appart' parce que ton proprio est surendetté et qu'il a besoin de cash et lui payer en plus des loyers, une nouvelle salle de bain et la réfection de deux portes. Partir en vacances sans le sous parce que tu ne peux pas te faire rembourser les billets de train. Passer toutes tes économies pour bouffer et payer le loyer. Reprendre le travail et te faire payer 35h pour 42h travaillées, soit 2 week-end par mois gratos, à ton patron. Me demander de Fêter Noël ce serait comme demander à un cul de jatte de courir le marathon sans prothèse. C'est hors de ma portée. Mes vacances n'ont pas non plus prévues d'être des vacances, car j'avais commencé à travailler sur un projet perso cet été, et que maintenant je dois finir, car les week ends depuis étaient souvent trop court pour que j'avance bien. Et je suis soulagée aussi de passer ces quelques jours à la maison car ces deux dernières semaines de taf ont été un enfer. J'ai bien fait mon travail, car j'ai gagné deux concours pour des projets très loin d'être inintéressant pour ma boîte. L'un consistant à la création d'une nouvelle salle avec un agrandissement d'un espace scénique préexistant dans un théâtre à la façade inscrite au patrimoine des monuments historiques, l'autre est un bien plus vaste projet qui s'étendra sur des années si mes collègues remportent la seconde phase du concours. S'ils ne la remportent pas, c'est toujours redorer l'image de la boîte d'avoir été sélectionné. Il s'agit d'un immense bâtiment qui s'étend sur 4 numéros de rue en plein cœur de Paris. Si on gagne pas. On gagne quand même une énorme prime de participation comme finalistes. Le patron est content et c'est sans doute l'essentiel. La première de ces deux dernières semaines, je l'ai commencée par manquer de m'évanouir en arrivant au boulot, ensuite je suis allée livrer plusieurs dossiers en main propre pour m'éloigner au maximum de l'ordinateur, en proie à une migraine ophtalmique maousse doublée d'une tendinite aigue. Je ne me servais à plus rien à moi-même, et la douleur n'est pas très supportable quand ton taf consiste à passer le plus clair de ton temps les yeux rivés sur un écran d'ordinateur et à taper sur le clavier dans une position mal fichue qui ne fait qu'empirer un peu plus ton mal chaque jour. Si bien que le vendredi, ç'en est arrivé à une sorte de paralysie du pouce (au moins on ne sent plus grand chose), comme un problème de canal carpien. Tu ne peux plus écrire avec un stylo et le moindre doigt posé sur le clavier t'envoie un pic à glace qui te transperce du poignet jusqu'au coude en plus de l'agacement provoqué par ce handicap qui fait que tu perds le contrôle des mouvements les plus routiniers. J'aurais cru à un week-end rédemptoire en la compagnie de la plus petite fille de mon colocataire, car comme quand on a installé le sapin, les enfants te sortent de tout ce merdier, et puis finalement ça n'a été que lourdeur, ménage et solitude car ils n'ont passé que très peu de temps ici. Je me suis faite une raison, j'ai travaillé un peu sur mon projet et je n'en ai pas profité pour me distraire. J'avais encore trop mal. J'ai tenté les médocs. J'ai gagné le droit de planer pendant une heure et de me sentir encore plus incapable sans que ça ne résolve rien une fois l'effet dissipé. La deuxième semaine valait bien la première. Je l'ai commencé avec ce marteau dans le crâne, pour ne pas s'arranger et l'impression d'avoir perdu un œil. Comme le Big Boss était de passage à Paris, le chef d'agence a commencé à "jouer" au chef d'agence. A nous péter un câble pour le ménage de l'agence.... en vrai pour libérer l'espace des chefs de projets qui viennent fêter le nouvel an à Paris. L'agence étant un grand appartement disposant de deux chambres avec plumard et d'une grande salle de bain, il est fréquent que des Italiens viennent passer leurs week end prolongé ici. Donc on range avant. Parce qu'il se trouve que quand on fait des maquettes ça fout le bronx, et en ce moment on fait plutôt des maquettes. Et donc quand on revient, on a le droit de ranger la chouille des chefs de projets italiens. Il nous a fait le coup une fois, car ranger semblait sur le coup plus nécessaire que de corriger des dossiers à faire partir dans l'heure (que je corrige et signe moi-même avec la signature du patron depuis maintenant 3 semaines... soit depuis qu'on a gagné ces deux concours, parce que maintenant le patron s'en fout des suivants). La deuxième j'ai gueulé. J'ai proféré un "He ho, Machin! ça va là!". ça l'a calmé et heureusement parce que je n'aime pas ces démonstrations de cirque. ça a été difficile aussi car du fait de la présence de la petite par ici, le matin il ne fallait pas faire de bruit et le soir on était trop nombreux dans l'appart pour pouvoir tous prendre un bain et passé 20h, souvent j'en ai juste marre et envie de me coucher. Alors je suis partie tous les matins un peu plus tôt que d'hab, l'estomac qui crie "Café" un peu comme quand tu dois être à jeun pour une prise de sang. Je n'ai pas trop mangé, je ne me suis pas lavé. Bref je suis allée au taf en pyjama et ai bien trempé dans mon jus au point de l'insupportable. Mais je préfère encore ça que de réveiller des enfants qui dorment d'un sommeil plus innocent que le mien. Du coup je me suis trainée dans l'agence comme un fantôme en pyjama sale et je me suis sentie une merde toute la semaine. Une merde avec un mal de bû relou et une main pourrie qui attend de crever chaque soir dans son lit pour que le temps s'arrête le temps que ça dure, ne pas souffrir et ne pas penser à cette épreuve de chaque semaine qui arrive au boulot et qui m'apporte son lot de trucs à penser et faire pour soulager le boss. J'ai profité que le chef d'agence soit parti en vacances plus tôt et de ma journée seule à l'agence d'hier pour encaisser 10 heures avec une maigre pause déj' et prendre de l'avance pour la rentrée avant que la foudre patronale me tombe sur le coin de la goule à mon retour. Cette semaine aussi, Voltaire a repris les répètes, maintenant que plus personne n'a de mélanome de pouce cassé ou de dos en vrac. Et ça a fait beaucoup de bien à tout le monde. On a un nouveau bassiste et je savais que ce serait cool avec lui. Il touche en même temps que c'est un mec classe. Y a plus qu'à les enchaîner, ces foutues répètes, mais je ne suis pas inquiète car durant le temps où on a pas répété, moi j'ai écrit, et donc on a de la compo devant. Ce matin où j'ai pû dormir tout mon saoûl je me suis réveillée comme anesthésiée, et je suis encore un peu dans le coma à l'heure où je t'écrit. Ces deux dernières semaines sont un bon résumé de mon lot quotidien, quand t'as fini ta journée ou ta semaine et que le seul truc qui t'attend en rentrant c'est la vaisselle, les courses ou le ménage parce que du temps pour aller voir un spectak faut pas compter dessus et le jour où tu l'as, ce temps, bah t'encaisse double parce que ça a pris sur le temps du sommeil. Mais comme rien n'est jamais parfaitement noir ou parfaitement rose, il s'est fait aussi de belles rencontres.

J'ai retrouvé Morrigan que je n'avais pas vue depuis longtemps. Qui a aussi changé de vie. On travaille et on habite à côté et comme on taffe comme des mortes, ça fait du bien d'avoir quelqu'un à la toute proximité pour causer quand on a le temps de déjeûner. Et puis j'ai rencontré une autre meuf top figolu, par le hasard d'un marché créa comme je n'avais pas eue l'occase d'en faire depuis longtemps, et ça fait du bien de dire "on se revoit" au moment où je ne vois véritablement pas grand monde depuis que j'ai pris ce boulot. Et quand d'autres copains sont partis. Ont quitté la ville, ou simplement on a plus l'occasion de se voir. Et mon rythme est suffisemment perturbant pour que j'évite de l'imposer à d'autres.

Dans tout ça les deux derniers mois ont été triste. Alors il faut s'accrocher pour tenir le coup. Redoubler de tisane pour dormir ou de vitamine C pour réussir à rester éveiller. Quand mon colocataire est là quelques jours de suite et que je ne le croise pas juste le temps où il prend son bain avant de filer vers d'autres cieux, lui qui est toujours en mouvement, j'attends de passer un peu de temps avec lui pour faire des perles, mater un film ou raconter des conneries... Quand je ne suis pas moi-même en dessous de toute capacité à faire quoi que ce soit. J'ai accumulé assez de fatigue physique et nerveuse pour n'être plus que l'ombre de moi-même. Au point d'en avoir honte.

Aujourd'hui je me suis lavée de bas en haut comme mieux que jamais pendant que mon colocataire préparait un beau gâteau pour son Noël en famille. Il ne veut pas que je lui parle et c'est sûrement de ma faute, soit parce que je suis allée me coucher très tôt hier soir parce que je ne tenais plus sur mes jambes, (et quand j'ai serré les dents toute la semaine, je pleure facile, donc pour éviter ça, je me cache dans mon lit) comme ça m'arrive souvent le vendredi et que je ne le crie pas sur tous les toits tant ç'en est assez de mes douleurs courantes. Ou peut être parce que je n'ai pas déblayé le canapé des choses qu'il y met pour que le chien ne monte pas dessus, ce dont je dois m'occuper aussi pendant cette semaine. Ou quoi d'autre que je ne sais pas. J'attends qu'il parte comme il faut que je m'y attende souvent chaque fois que je crois qu'il va peut être rester un peu et que coïtus interruptum, il part kek'part. Là il est là et il m'en veut et il a sûrement raison, comme je sais trop bien que c'est pas cool de vivre avec quelqu'un qui est dans un état de semi-défonce permanent à cause d'une bande de dossiers de merde qui fait louper toutes les expos bien du moment. J'attends et j'espère que ça passe en souhaitant très fort que ça ne dure pas longtemps car il me manque aussi, comme quand il est là mais qu'on ne peut rien faire car il reçoit ou qu'il s'apprête à courir d'autres lièvres ou qu'il me manque et que je suis au bout du rouleau et pas fichue d'aligner un mot ou alors avec difficulté parce que la fatigue m'emporte. J'attends qu'il parte pour nettoyer l'appart et ne pas le déranger avec ça pendant ce temps, ou qu'il reste et me dise un mot.

 

j'mens pas.

j'ai prévu et annoncé le coup que je reviendra dire des trucs qui arrangera personne que je raconte comment la vie des fois ç'pas drôle. Comment arrêter d'être relou c'est encore plus dur, comment recommencer à écrire ça fait de plus très mal au cul. Mais bon, chuis large, j'avais dit avant Noël, il me reste 15 jours. Tsaââw, les gars. A bientôt (quand je dis je déconne pas, compte dessus, j'reviendra, compte dessus 3 fois et 4 fois tu l'auras).